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Sarah
Le laboratoire Fujisawa et la FNAIR ont eu le plaisir de vous inviter à une représentation exceptionnelle de la pièce de théâtre :
Sarah

A cette occasion, 23 invitations ont été offertes pour assister à cette représentation.

Témoignage d'une participante

Texte et mise en scène de Roger
Lombardot
Interprétation : Coralie Russier


Dix ans auparavant, Alice a subi une greffe du foie qui lui a sauvé la vie.
Elle fête aujourd'hui l'anniversaire de ses dix huit ans et s'adresse pour la circonstance à celle qui lui a permis de renaître : Sarah.

Quand on a passé des mois, des années à l'hôpital, qu'on a dû lutter pour conserver la vie, on n'a pas envie de la gaspiller, de la disperser, dans des choses insignifiantes.
Ayant connu sur soi le souffle de la mort, on sait reconnaître ce qui appartient à la vie et ce qui n'en est que l'écume.

Un magnifique sujet, ancré dans la réalité de notre époque, inspiré à l'auteur par sa rencontre avec cette enfant transplantée devenue aujourd'hui une jeune fille rayonnante, animée d'une exceptionnelle joie de vivre.

L’actrice : Coralie Russier, 17 ans, a été transplantée du foie à l’âge de cinq ans. « Sarah » est son premier grand rôle au théâtre. C'est elle qui a inspiré la pièce...
Désireuse de vivre pour les belles choses « comme elle dit » elle a choisi de se consacrer entièrement à la scène. Elle chante, elle danse et joue la comédie. Elle a enregistré un disque à l'âge de 15 ans.

L’auteur, Roger Lombardot, déclare : « J'ai eu envie de travailler avec elle pour son énergie et son envie de vivre, dit l'auteur. Elle est un condensé de joie et d'émerveillement…
Exactement ce dont on a besoin actuellement.
Nouvelle aventure humaine, donc, que cette création! Et nouveau défi.....
Un rayon de soleil, dans ce monde artistique, qui a bien besoin de Coralie Russier...

L'envie, le travail, le sourire, la passion, l'émotion et la tendresse... Vous serez surpris, nous l'espérons, par cette personnalité encore fragile mais pleine de promesses... »

Témoignage
Le public a fait une ovation à la prestation sur scène de Coralie Russier, tant à la comédienne comme à la petite fille malade qu’elle fut et qui, avec courage, vient de réaliser une performance physique et intellectuelle.

« Alice », s’adresse à « Sarah » qui, par sa mort, lui a redonné la santé grâce à une transplantation hépatique. Elle lui raconte ses affres de petite fille malade, ses relations compliquées avec un corps qui souffre, puis qui abrite l’organe d’un autre, et qui grandit entre l’hôpital et la maison en bord de mer, entourée de l’amour de ses parents et de sa grand-mère qui agrémente le quotidien de fantaisie et de musique.
Pas de « phrases choc » ni de révélations bouleversantes dans cette évocation toute personnelle d’un vécu émaillé d’anecdotes dans lequel les malades se reconnaissent bien, mais le possible aboutissement d’une démarche individuelle menée par une jeune fille différente, au seuil de la maturité, qui fut une fillette éprouvée par la maladie, la souffrance, la peur, l’isolement, mais enrichie. Ainsi, par la parole, Coralie Russier a-t-elle peut-être voulu formuler ses émotions, puis choisi de les exprimer en public, en les exultant au théâtre.

Dans la salle, les acclamations sont à la hauteur de la réussite du travail entrepris. Chacun écoute, ému, l’histoire de « Alice », résolument seule dans son épreuve comme sur scène même si accompagnée par le spectre de Sarah.
On réfléchit : en effet, on peut s’interroger sur le bien-fondé de restituer à un organe la dimension d’une personne et de son âme ; si dans cette approche mystique certains, et c’est ici le cas d’Alice, trouvent une réponse satisfaisante à la dualité qu’ils ressentent, d’autres, qui ont bénéficié d’une greffe entre personnes vivantes, liées par des liens affectifs étroits, voire même dans un avenir probable, qui seraient concernés par une xénogreffe, ne pourraient trouver la sérénité dans cette allégorie..
« Sarah » ne saurait donc être une ambassadrice convaincante en faveur du don d’organe !
Du reste, quelque soit la provenance du don, il demeure respectable, pour la beauté du geste, en incarnant le résultat d’une prouesse humaine, celle des chercheurs et des équipes soignantes, et aussi tout simplement parce qu’il concerne un organe précieux à la vie.
D’autres encore auraient évoqué le « face à face » avec la maladie, l’adversité qu’elle suscite, tout comme les dépassements de soi surprenants de forces insoupçonnable...

Ce qui fait la force de cette pièce c’est que son thème a su convaincre au lieu d’effrayer, il a rassemblé un public sensible ou sensibilisé, Coralie Russier, avec l’aide de Roger Lombardot, a mené a bien cette prouesse et le bonheur de la jeune comédienne conforte la devise de Voltaire
« j’ai décidé d’être heureux parce que c’est bon pour la santé »,
la Vie au-delà de son « écume » et de… ses éclaboussures y est merveilleusement magnifiée,
« Alice » est heureuse, et « Sarah » source d’espérance.

Elisabeth et Odile N.